Témoignage de guérison de Camille : maladie de Crohn


Témoignage de Camille Dor pour Bonheur en Fleur - Manon Touati.


Manon Touati est Praticienne en Nutrition et Diététique, Conseillère en Micronutrition, Phytothérapie et Aromathérapie, Praticienne en Réflexologie - Énergétique chinoise, Psychomotricienne D.E. spécialisée dans les maladies chroniques (mémoire de recherche sur la maladie de Crohn) et future Naturopathe. Régénération personnelle de la maladie de Crohn et d'une thyroïdite d'Hashimoto.


Toute l'histoire de Manon à découvrir ici.





Je m’appelle Camille, j’ai 26 ans, je suis infirmière… mais surtout, je suis en plein changement de vie !  ​ ​

L'apparition de la maladie

Je suis née petite dernière d’une famille de 4 enfants. J’ai eu des parents/une famille qui m’ont toujours aimée inconditionnellement mais qui ne « s’aimaient pas » (du moins, pas d’une manière qui les rendait heureux et heureuse). J’ai grandi avec énormément de tensions, de soucis, de disputes. J’ai vécu des moments horriblement difficiles dans mon enfance, dont des choses qu’aucun enfant ne devrait vivre un jour. Mais je les ai vécu, traversé, et j’ai toujours essayé de travailler là-dessus pour que cela me laisse le moins de séquelles possibles. Cependant, plus je grandis/m’assagis/vieillis, plus je me rends compte que tout cela est profondément ancré en moi. Cela fait partie de ma vie, de ma personne, de mon corps. Avec le positif et le négatif que cela amène… En juillet 2017, mon papa est décédé de manière improbable, violente, inattendue. J’ai expérimenté la phrase bien connue : « un coup de téléphone, et en quelques secondes le sol sous nos pieds s’écroule et nos vies changent à jamais »… Je vous passe les détails de sa mort et son histoire, mais j’ai directement décidé de la vivre dans l’amour inconditionnel pour mon papa. C’est cela qui m’a porté tout le long de cette épreuve (qui a été longue en elle-même), qui m’a permis de tenir le coup et de « si bien vivre » la mort de mon papa, dont j’étais extrêmement proche.  Je dis « si bien vivre » car c’est ce que tout le monde m’a dit, et je le pensais aussi. Sauf que, à peine quelques semaines après son décès, j’ai commencé à avoir du sang dans mes selles. Cela m’a rendue complétement indifférente, je n’y ai pas accordé la moindre importance et ai encore moins fait un lien (pourtant évident !) avec la récente disparition de mon papa. C’était le cadet de mes soucis à ce moment-là. Les symptômes de plus en plus présents, différents, inquiétants me dérangeaient certes, mais je ne voulais pas leur accorder une place dans ma vie et encore moins aller voir un(e) médecin. C’était la dernière de mes préoccupations durant l’année qui a suivi ce décès. Je travaillais (beaucoup, beaucoup trop !) et j’avais repris sur un coup de tête (pour me permettre de tenir le coup) des études difficiles (une spécialisation d’infirmière).  Et pourtant, après 1 an et demi de symptômes, il m’a fallu admettre que ce n’était pas du tout normal, que ça devenait petit à petit inquiétant et que je jouais avec ma santé. Sans parler de l’inconfort quotidien que c’était devenu ! J’ai donc eu mon premier rendez-vous (et diagnostic !) avec ma gastro-entérologue fin janvier 2019.  J’ai été diagnostiqué d’une RCUH (rectocolite ulcéro-hémorragique). Je suis infirmière (et de plus, à ce moment-là, en chirurgie abdominale, c’est-à-dire le service où l’on traite ces pathologies lorsqu’elles requièrent une chirurgie), et je savais que tous mes symptômes collaient. Cependant, je m’étais mise dans une forme de déni, sachant que ça pouvait être cette pathologie, mais ne le voulant tellement pas que jusqu’à la dernière seconde je me suis convaincue que ça devait être juste des hémorroïdes ou quelque chose comme ça. Pas de « chance », je n’en avais pas… La gastro-entérologue m’a diagnostiqué le jour-même, j’ai fait quelques examens médicaux supplémentaires et j’ai commencé mon traitement.



Janvier 2019 : Diagnostic de la RCUH (Rectocolite Ulcéro-Hemorragique) pour Camille




Le traitement arrête mes symptômes... Soulagement !

J’ai commencé avec du Pentasa 3g, c’est-à-dire le traitement de base des personnes atteintes de MICI (maladie inflammatoire chronique de l’intestin).


En quelques jours, je n’ai plus eu de symptômes !


J’étais contente, je me faisais au diagnostic et j’acceptais petit à petit cet état de fait : tu as une maladie chronique à vie, c’est nul, ça craint, mais ton traitement n’est pas trop fort (pas trop d’effets secondaires, pas la dose maximale) et tu peux continuer ta vie presque comme si de rien n’était ! Même pas besoin d’en parler autour de moi, à part les proches, évidemment.  ​ ​

Malgré le traitement, les symptômes reviennent !


Sauf qu’un peu moins de 3 mois plus tard… le sang est réapparu dans mes selles ! C’était le seul symptôme cette fois-ci, mais je ne pouvais cependant pas le nier. En plus, je me plaignais d’une douleur au niveau de l’estomac très souvent après le repas. Nous avons augmenté mon Pentasa à 4g (dose maximum) et 2 semaines plus tard était justement prévue ma première coloscopie (que ma gastro-entérologue voulait au début du diagnostic afin d’avoir une idée « de base » pour la suite de l’évolution de ma pathologie). Vu mes douleurs gastriques, nous avons rajouté une gastroscopie (endormie pour endormie… Allons-y).  Les résultats me firent « tomber de haut ». J’avais une gastrite (inflammation de l’estomac) et 3 zones différentes atteintes au niveau de mon côlon. Cela était très évocateur de la maladie de Crohn (les biopsies le confirmeront), et mon diagnostic a ainsi évolué doucement… Ma gastroentérologue m’a prescrit des corticoïdes, un médicament pour la gastrite (un IPP exactement : inhibiteur de la pompe à protons), et garder le Pentasa à la dose maximale (4g). Je ne vais pas cacher que j’ai mal vécu ce changement de diagnostic pendant 3 jours : j’étais triste, fâchée, déçue et inquiète. La maladie de Crohn c’était pour les autres, mais pas pour moi quand même ! Je n’avais pas une « belle » image de cette maladie de par mon travail, et je me sentais complétement dépitée.




Avril 2019 : Le diagnostic de la RCUH (Rectocolite Ulcéro-Hemorragique) est remis en question chez Camille. Le diagnostic est désormais orienté vers une maladie de Crohn.




Je me pose des questions : puis-je guérir ?

​ ​J’ai laissé passer ces 3 jours puis je me suis questionnée. J’ai fait des recherches sur internet, je suis tombée sur plusieurs sites (notamment le tien, Manon ! - n.d.l.r. www.bonheurenfleur.com), j’ai été sur les réseaux sociaux, j’ai lu des articlesJ’avais très peu de temps devant moi (travail + école) mais j’ai vite compris que j’allais pouvoir agir sur ma maladie. C’est aussi le moment où j’ai décidé d’en parler ouvertement autour de moi, principalement en l’annonçant à tout(e)s mes collègues, plus sur les réseaux sociaux. Je ne voulais plus que ce soit tabou, caché et une honte. Et cela m’a vraiment libérée ! En parler a été bien plus simple pour moi que les 3 mois précédents où je le cachais à tous.  J’ai mis quelques semaines à vraiment m’y mettre. J’étais dans une très difficile période au niveau charge de travail au quotidien, j’exagérais, j’avais des journées qui ne finissaient jamais, très peu de jours de congé et j’accumulais tout. C’était difficile, dans ces conditions, de prendre soin de moi et d’essayer de faire des changements. Je me suis quand même renseignée, je me suis dit que je n’y arriverais JAMAIS, j’ai pensé que les gens qui se soignaient par eux-mêmes étaient des « bisounours », j’ai jalousé ceux qui y étaient arrivé et je me disais que ça marchait peut-être pour quelques personnes mais je n’y croyais pas.  Finalement cette période a été très bénéfique : j’ai permis à ma tête de penser ce qu’elle voulait et à mon corps de ne pas y croire mais en fait j’ai fait tout le contraire. Je me suis conditionnée, j’y ai réfléchi malgré moi, j’ai beaucoup douté, et inconsciemment je pense que tout s’est mis en place. ​

Mon changement d'alimentation

​ ​Durant cette période j’ai « juste » stoppé le lactose car un test m’a appris que j’y étais intolérante (ce qui n’était pas une surprise du tout vu mes symptômes !). Le plus dur (je pensais que ce serait infaisable) a été de stopper le fromage car le reste je n’en mangeais plus depuis longtemps (crème, lait etc.).  ​ Je me suis également toujours plainte d’avoir le ventre super ballonné (et je suis toujours actuellement en plein désespoir face à ça… Mais une chose à la fois !) Fin mai, lors de ma consultation post-examens médicaux et nouveaux traitements, la gastro-entérologue m’a parlé d’un régime que je pouvais essayer mais qui était très restrictif et difficile à tenir : le régime sans FODMAPS (pour faire simple : différents types de sucres qui fermentent +++ dans les intestins). La base : plus de lactose, plus de gluten, plus de produits transformés, le moins de sucre possible, éviction de certains fruits et légumes (ce qui fut le plus difficile pour moi). Mi-juin, je l’ai commencé. Ce régime m’a fait un bien fou. Il n’a pas été facile à tenir tous les jours, mais pendant 6 semaines strictes je n’ai pas fait la moindre entorse. Les résultats au niveau de mon confort digestif ont été épatants ! Je me sentais bien. Plus de douleurs, plus de gêne, plus d’inconforts. Mais toujours des ballonnements…