Témoignage de guérison de Sylvie : RCH / maladie de Crohn


Interview de Sylvie Wibaut pour Bonheur en Fleur - Manon Touati.


Manon Touati est Praticienne en Nutrition et Diététique, Conseillère en Micronutrition, Phytothérapie et Aromathérapie, Praticienne en Réflexologie - Énergétique chinoise, Psychomotricienne D.E. spécialisée dans les maladies chroniques (mémoire de recherche sur la maladie de Crohn) et future Naturopathe. Régénération personnelle de la maladie de Crohn et d'une thyroïdite d'Hashimoto.


Toute l'histoire de Manon à découvrir ici.






Bonjour Sylvie, peux-tu te présenter en quelques mots ? Bonjour Manon, je suis une illustratrice française, j’ai passé mon enfance à Zurich en Suisse, puis 7 ans a Paris pour mes études, et je vis à Genève avec mon fiston de 5 ans. J’ai une RCH résistante depuis mes 21 ans, et je porte une iléostomie depuis 3 ans. ​ Depuis combien de temps as-tu la maladie de Crohn ? J’ai été diagnostiquée il a bientôt 23 ans. On m’a diagnostiqué d’abord un Crohn, puis une RCH. J’ai été malade pendant 8 ans, cortico-dépendante, sous immunosuppresseurs, j’ai aussi eu une pancréatite qui m’a valu 2 mois de jeûne complet (mon premier jeûne! 😅), et une hépatite médicamenteuse. Mon frère est malade lui aussi, il a la maladie de Crohn depuis l’âge de 14 ans, et une cholangite sclérosante. ​ Penses-tu savoir si des éléments de ton environnement ont pu t'amener à développer cette maladie ? Y vois-tu aussi une origine génétique ? Ma maladie a pour moi clairement 3 origines : ​


  • Le facteur génétique est indéniable, mon frère est malade lui aussi et je sais à quel point c’est souvent le cas au sein d’une même famille.

  • Le facteur émotionnel a été pour moi le facteur déclencheur. J’ai du faire face à un choc émotionnel et un chaos familial intense pendant plusieurs années et c’est à ce moment là que je suis tombée malade, tout comme mon petit frère.

  • Le facteur environnemental est le facteur d’entretien. Il a clairement nourri le mal depuis la petite enfance, voire même In utero. J’ai absorbé les métaux lourds de ma mère, j’ai bu du lait quotidiennement parce que “j’avais besoin de calcium pour grandir”, causant des nausées épouvantables aussi loin que mes souvenirs remontent ; j’ai aussi mangé des biscuits et des beignets dégoulinants de Nutella sur la plage. Mes parents nous ont nourris plutôt “sainement” avec pas mal de légumes notamment en pensant bien faire, mais à une époque d’industrialisation éhontée et à des années lumières de la tendance bio qui émerge aujourd’hui.



Illustration de Sylvie Wibaut



Avant tes changements d'hygiène de vie, comment vivais-tu la maladie ?Je suis de nature très optimiste et combative, et je ne crois pas avoir jamais baissé les bras dans cette période. Je crois même pouvoir dire que ma maladie était le moteur de ma combativité. Ma différence me donnait la force d’accomplir des exploits, et d’aller au bout de mes rêves même en étant malade. J’ai poursuivi mes études en alternance avec les hospitalisations et les crises invalidantes, j’ai même sauté une année et obtenu mon diplôme avec une mention très bien que je ne n’aurais peut-être pas obtenue en étant une étudiante “lambda”. Je suis partie seule avec mon sac à dos en état de totale incontinence, sous cortisone à bloc, et avec des hémorragies quotidiennes, pendant 6 mois en Australie. Dans la joie et la bonne humeur 😄. J’avais 27 ans. ​ À mon retour j’étais au pied du mur et je ne pouvais plus sauver mon côlon. Je ne réagissais plus à aucun traitement, il fallait amputer. ​ J’ai curieusement vécu cette colectomie totale comme une perte identitaire très violente, j’avais perdu mon moteur. Ça a été très compliqué de me reconstruire sans cet organe.